Souvenirs à vendre : bientôt chez vous !

Dans la science-fiction, l'idée de souvenirs à vendre pose la question de l'authenticité de notre identité.

Le concept de manipulation des souvenirs, popularisé par des œuvres de science-fiction comme Souvenirs à vendre de Philip K. Dick et le manga Cobra, n’est plus un simple fantasme. Avec l’avènement de technologies comme Neuralink et des outils d’IA générative, nous entrons dans une ère où la frontière entre la mémoire biologique et le souvenir artificiel commence à s’estomper.

De la fiction à la réalité : l’IA et l’interface cerveau-machine

Dans la nouvelle de Dick, Rekal Inc. propose d’implanter de faux souvenirs de voyage. Dans Cobra, une simple séance de rêve artificiel permet au protagoniste de retrouver une mémoire et une identité effacées. Ces deux récits explorent l’idée que notre identité peut être reprogrammée, soit par une société, soit par un acte technologique.

Aujourd’hui, une technologie comme celle mise en place par la plateforme ShowRunner, bien qu’elle soit encore en phase de développement et non accessible au grand public, rend possible la création de récits visuels si personnalisés et immersifs qu’ils pourraient être perçus comme des souvenirs. Un utilisateur pourrait générer un film de ses « vacances de rêve », une version améliorée d’un événement passé. Si cette technologie manipule le récit externe, Neuralink d’Elon Musk s’attaque à l’autre bout de la chaîne : la manipulation de la mémoire elle-même.

Neuralink et l’accès à la mémoire

Neuralink est une interface cerveau-machine (ICM) qui vise à connecter le cerveau humain à un ordinateur. Les objectifs initiaux sont médicaux : aider des gens paralysés à contrôler des appareils numériques par la pensée, ou restaurer des fonctions sensorielles. Cependant, les implications à long terme sont bien plus vastes. Si on peut lire des signaux cérébraux pour contrôler un curseur, on pourrait, en théorie, lire des informations plus complexes, comme des pensées ou des souvenirs. Et si on peut lire, on pourrait peut-être aussi écrire.

C’est là que la science-fiction de Dick et de Buichi Terasawa rencontre le développement technologique actuel. Un jour, une interface cérébrale pourrait permettre d’injecter directement des données dans le cerveau : des connaissances, des compétences, mais aussi des « souvenirs ». La technologie de Neuralink est une première étape vers une interface qui permettrait d’accéder à la mémoire humaine, créant ainsi la possibilité d’y insérer des souvenirs fabriqués.

Vers un futur où les souvenirs sont programmables ?

L’idée d’un service capable d’implanter un souvenir de vacances ou de retrouver une identité effacée n’est plus cantonnée aux pages des romans de science-fiction. La combinaison de l’IA générative pour créer le contenu (comme avec ShowRunner) et des interfaces cerveau-machine pour l’intégrer directement dans notre esprit (comme Neuralink) nous rapproche de la faisabilité de ces concepts.

Les films et les romans nous mettent en garde contre les dangers de la manipulation des souvenirs artificiels.
Les films et les romans nous mettent en garde contre les dangers de la manipulation des souvenirs artificiels.

Si nos souvenirs peuvent être manipulés, qu’est-ce qui définira notre réalité et notre identité ? Quel sera notre bien le plus précieux ? La vérité ? Et comment pourrons-nous l’authentifier ?