Maîtriser le sommeil pour mieux écrire

Si je vois ça à l'oeil nu, c'est que je dors encore...

Récemment, face à des délais très serrés, j’ai voulu expérimenter avec mes cycles de sommeil. Il y a deux semaines encore, et ce depuis des mois, j’avais établi une routine très efficace qui me permettait de tenir toute la journée en étant en pleine forme, tant physiquement que mentalement.

Mon rythme de sommeil jusqu’à la mi-février, c’était, grosso modo :

  • 6h00 : réveil
  • sieste de 15-20 minutes vers 13h00
  • au lit entre 23h00 et minuit en essayant d’éteindre la lumière *avant* minuit

De cette façon, je respectais mon cycle de sommeil qui est d’environ une heure et demi (comme beaucoup de gens, d’après ce que j’ai compris) et je pouvais enchaîner quatre cycles complets avant de me lever. Je démarrais la journée du bon pied, c’était la fête.

Moi aussi, quand je travaille à la centrale nucléaire, je fais des siestes pendant mon temps de travail.

Quand il m’arrivait de me coucher *après* minuit, je veillais jusqu’à 1h30 pour rattraper le « train du sommeil » qui repassait au début de chaque cycle. Dans ce cas, tout comme lors d’une grosse fatigue, je faisais deux siestes de 15-20 minutes le lendemain, vers 10h30 ou 11h00 et vers 15h00.

En respectant ces règles de base, j’étais très performant dans mes moments de veille.

J’ai voulu voir si je pouvais l’être encore davantage. J’avais beaucoup de travail, la famille était en vacances et je me retrouvais tout seul à gérer mon emploi du temps, sans interférence d’aucune sorte. C’était le moment où jamais. J’ai tenté la nuit de deux cycles, accompagnée de 3 siestes pendant la journée. Matin, après-midi, soirée. Je vous passerai les détails parce que, figurez-vous, ça n’a pas marché. J’ai été crevé tout de suite avec un mal au crâne persistant dont je n’ai pu me débarrasser qu’en reprenant mes vieilles habitudes de sommeil.

Après ça, j’ai mis plus de deux semaines à m’en remettre. Je commence à peine à retrouver la forme. Jouer avec son sommeil, c’est compliqué. Comme dans trois semaines, c’est le passage à l’heure d’été, j’ai décidé de reprendre mon rythme nocturne en main tout en gagnant du temps sur l’avenir. Après avoir été un zombie tous les matins depuis plus de deux semaines, incapable d’avancer correctement sur son travail dans la journée, je redémarre mon système. Nuit de douze heures le week-end dernier, suivi d’un retour à l’ancien rythme, légèrement modifié.

Depuis cette nuit, voici ce que j’essaie :

  • 5h30 : réveil
  • 13h00 : sieste
  • 22h30-23h00 : au lit avec interdiction d’éteindre la lumière après 23h30.

La semaine prochaine, je décale tout d’un quart d’heures pour me lever à 5h15. Et rebelote la semaine suivante pour un lever à 5h00. Et du coup, quand on passera à l’heure d’été, fin mars, je passerai naturellement d’un lever à 5h00 à un lever à 6h00 sans douleur. Retour à la case départ. Avec un rythme qui a fait ses preuves, je suis confiant.

Enfin, si tout se passe comme prévu… D’ici là, j’ai des scénarii à écrire et des traductions de comics à rendre. Je vous raconterai.

  • Nico

    Salut Edmond,

    Très intéressant comme article. Au final, ça a donné quoi les différents tests ?

    Je serais curieux également de savoir comment quelqu’un qui, comme toi, travaille de chez lui organise ses journées afin de cumuler au même vie pro et familiale tout en respectant ce rythme de repos.

    @+

    • Salut Nico,

      Avec trois ans de recul sur le moment où j’ai écris cet article, je peux te dire précisément ce qui marche chez moi.

      Première chose : pour une vie en bonne santé, il faut un minimum de quatre cycles par nuit.

      Deuxième chose : si tu rates un cycle pendant la nuit, voire deux, il faut immédiatement rajouter une sieste (voire deux) à ton programme du lendemain. Bien entendu, aucune sieste ne doit dépasser les 20 minutes, sinon, ça fout une merde pas possible dans ton sommeil nocturne.

      Troisième chose : malgré tout, quatre cycles, c’est vraiment le minimum pour moi. Après plusieurs années de ce traitement, j’ai fini par remarquer une certaine usure sur mon corps, notamment au niveau musculaire et ligamentaire. Pour bien fonctionner, et notamment se réparer, il faut que ton corps dorme suffisamment. Envisager des périodes de repos à cinq cycles par nuit me semble salutaire (c’est ce que je fais depuis le début de l’été 2014, et ça me paraît efficace).

      Sinon, pour revenir à ta question sur l’organisation de mes journées, voici mon emploi du temps théorique (quand les enfants sont à l’école, parce que pendant les vacances, ça fout un peu le bordel) :

      6h00 : lever, déjeuner, lecture des e-mails, tâches professionnelles courtes (genre rédaction de devis ou envoi de facture), préparation du déjeuner des enfants.

      7h30 : lever des enfants, service du déjeuner (œufs, bacon, haricots… mes gosses ont le même genre de déjeuner que moi, je ne crois pas à la tartine beurrée et à la confiture). Douche (la mienne, avant que ce soit le tour des enfants).

      8h15 : départ à l’école à vélo (s’il fait beau). Sinon, ils ont dix minutes de plus pour bouquiner, et on part en bagnole.

      9h00 : début de ma vraie journée de travail. L’expérience m’a prouvé que mon cerveau était plus efficace par tranches de 45 minutes. Donc je coupe la musique et les autres distractions, et je bosse à fond pendant 45 minutes. Quand c’est fait, je me fais une série de pompes. Après, je consulte mes e-mails en mettant une vidéo Youtube en fond, puis je passe vite fait sur Facebook, etc. Quand j’ai fini ma promenade virtuelle, je me relance dans 45 minutes de boulot à fond. Puis une série de pompes, puis un regard à mes e-mails, etc. Après trois ou quatre répétitions de tout ça, c’est l’heure de manger.

      12h00-12h30 (environ) : je me fais à manger, puis je bouffe devant mon ordi, en lisant des articles sur le net (c’est souvent à ce moment-là que je programme mes messages Twitter, via Hootsuite).

      Vers 13h00-13h30 : sieste de 20 minutes.

      Vers 13h30-14h00 : retour au boulot par tranches de 45 minutes, comme le matin. Jusqu’à ce que ce soit l’heure d’aller chercher les gosses.

      16h30 : direction l’école, avec le goûter des enfants en main (des fruits). Ils mangent à la sortie des classes : c’est du temps de gagné, par rapport à un goûter à la maison.

      17h00 : tout le monde est rentré. Là, c’est plus difficile de bosser, même en fermant la porte du bureau. Un de mes objectifs pour 2014-2015, c’est d’arriver à ne plus avoir besoin de travailler après cette heure-là. Je ne sais pas si je vais y arriver (parce qu’aujourd’hui, c’est assez désorganisé : je continue à travailler jusqu’à minuit, avec une pose entre 19h00 et 20h00, grosso modo, mais ça reste un peu n’importe quoi).

      De toute façon, à la prochaine rentrée, beaucoup de choses vont changer. Ma fille rentre en sixième, mon fils va jouer au foot à Libourne (deux entraînements par semaine, à 10 bornes de chez moi). Et surtout, je me suis mis au sport. Je compte insérer trois séances de jogging par semaine, une séance de piscine, une séance de vélo et une séance de foot en salle. Bref, je vais enlever du temps de travail pour prendre du temps de sport. Sacré chantier !