Talia Tourriol, romancière en herbe

Talia Tourriol est née en 2003. Actuellement en CM2, elle souhaite devenir romancière. Pour cela, elle participe aux ateliers privés que lui prodigue son père, hôte de ce blog. Voici ses premiers exercices… (pour l’instant, il n’y en a qu’un, et il faut encore corriger les fautes,  mais ça commence fort)

Exercice 1 : Construis une histoire en utilisant les mots que tu as trouvés en tirant les dés.
Mots : pont, moutons, traverser, pomme, dé, tour, comédie, bulle, fontaine.

Les Trois Petits Moutons (février 2014)

Il était une fois, dans une ferme, plusieurs animaux, dont trois moutons : Poussière, Tempête et Plume d’Argent ; trois brebis : Pomme, Bouton d’Or et Marguerite ; et trois agneaux (les petits de Pomme et Plume d’Argent) : Léopard, Orage et Câline (Câline est une femelle). Et enfin, Poussière allait devenir futur papa : Bouton d’Or, sa compagne, attendait des petits…
Pour ne pas oublier, Chocolat, le vieux et sage mouton de la ferme (il n’allait jamais aux assemblées de la ferme).
Il y avait aussi des vaches (apparemment, toutes s’appelaient « Meuhh »), des cochons (ils n’arrêtaient pas de se vanter sur leur intelligence), des canards (qui disaient tous des choses incompréhensibles) et des poules (elles n’arrêtaient pas de parler de leurs œufs).Bien sûr, il y avait une famille qui s’occupait de la ferme : elle n’allait pas non plus s’entretenir toute seule ! Il y avait le fermier : Henri, la fermière : Marie, et leur unique enfant : Arthur. Ce dernier adorait jouer avec des dés. Bien sûr, des fois, il apportait un peu de son aide à ses parents. Mais il voulait devenir inventeur de jeux de société quand il serait grand.
– Plus tard, je voudrai devenir créateur de jeux de société ! disait chaque soir Arthur à ses parents.
– Alors, à qui donnerons-nous notre ferme ? demandaient les parents.
– Eh bien, vous la donnerez à mes cousins ! répliquait alors Arthur.
Et c’est sur cette phrase que se concluait le repas. Les animaux, eux, avaient un point de vue différent sur ce qu’il allait advenir de la ferme…
– Que tous les animaux de la ferme se rassemblent ! ordonna Tempête (c’est un peu le chef de la ferme). Nous devons prendre une grande décision ! Je vous résume la situation : plus tard, le petit du fermier veut devenir – je crois – une sorte de créateur de sopiété… sociépé… Enfin bref ! Société ! Oh ! J’ai réussi ! C’est son rêve, je le sais bien, mais… S’il le fait, la ferme sera à ses idiots de cousins, qui tuent n’importe qui, n’importe comment. Tandis que s’il ne le devient pas, la ferme sera à lui plus tard.
Nous, notre rêve, c’est de survivre. Qui devons-nous soutenir ?
– Chacun a son rêve, et nous devons le respecter, dit Marguerite.
– Peut-être, mais, déjà, il faudrait que l’on réalise notre rêve ! répondit une poule dans un petit caquètement.
– Je sais ! cancane un canard en revenant de la fontaine. Il pourrait rester à la ferme, tout en créant des jeux de société !
– Pour une fois qu’un canard dit quelque chose d’intelligent… marmonne Bouton d’Or.
– Il vient de trouver la solution à tous nos problèmes, et tout ce que tu trouves à faire, c’est le critiquer ! s’indigna un autre canard.
– Ce n’est pas « la solution à tous nos problèmes » : comment faire passer le message aux humains ? demande Orage, d’une toute petite voix.
– Message… On pourrait apprendre à écrire, et leur envoyer un message ! s’exclama Plume d’Argent après un long moment de réflexion.
– Et comment comptes-tu faire ça, tête de mule ? interrogea une vache avec un léger accent sur « Meuhh ».
– Ne traite pas mon compagnon de tête de mule ! hurla Pomme à la vache.
– Quelqu’un pourrait entrer dans le cartable du petit et regarder comment il écrit à son école, proposa Câline.
– C’est une très bonne idée, approuva Léopard. Que pensez-vous de son idée Tempête ?
– Je l’approuve. Le seul problème, c’est… Qui ira dans son cartable ?
– Nous ! s’exclament Orage, Câline et Léopard en cœur.
– Euh… hésitent les parents de ces derniers.
– Allez, s’il-vous plaît… supplie Léopard.
– Bon, d’accord… Mais alors, vous faites attention, dit Plume d’Argent.
Le lendemain matin, les petits moutons disent au revoir à leurs parents, et partent s’installer dans le cartable d’Arthur. C’était un petit espace confiné, où il faisait très noir. Aucun mouton n’aime un espace dans ce genre. Sauf un…
– J’aime bien son cartable, dit Orage.
– Mais c’est affreux ! Petit, petit, petit, petit, tout petit endroit !! s’exclame Léopard, dégoûté.
– Chut ! Le petit va nous entendre ! les fait taire Câline.
Tout d’un coup, les trois jeunes moutons se sentent mal : Arthur avait pris le cartable et se rendait à l’école.
– Je crois que ça va être son premier…commença Câline.
– Oh ! Une pomme ! s’exclame Orage. Miam !
– Je crois que ça va être son premier…
– Qui c’est qui la mange ? demande Léopard.
– Mais, bon sang, c’est un complot ?! s’énerve Câline. Bon, c’est moi qui la mange si vous ne m’écoutez pas, décida Câline.
– Gloups… font Léopard et Orage.
– Alors… Je pense que c’est son premier jour d’école, dit Câline. Du coup, on apprendra depuis le début. Ce sera beaucoup mieux. Bon, maintenant, pour votre fichue pomme, je vais…
– Non, ce n’est pas toi qui vas la manger !s’exclame Orage.
– Tais-toi, le petit a du t’entendre ! le gronde Câline. Donc, je reprends… Je vais – ne me coupe pas la parole, Orage – couper la pomme en trois.
Arrivé à l’école, les moutons écoutent et récitent ce qui s’appelle l’alphabet :
– A, B, C… Répète, Léopard, dit Câline.
– A, B, C…
– Bien ! À ton tour, Orage, ordonna Câline.
– Abécé… essaye Orage.
– Non, non, et non ! A. B. C. Et ce n’est pas autre chose ! s’exclama Câline.
– A, B, C, rajouta Léopard.
– A-bé-cé, fait Orage.
– Nooonnnnn !!!!!! hurle Câline. A ! B ! C !
– A, B, C, dit Orage.
– Eh ben, tu vois quand tu veux !! s’exclama Câline, calmée.
– Eh ben, tu vois quand tu veux !! répéta Léopard.
– Oh, j’ai pas besoin d’un répète-Jaco ! bêle Câline, énervée.
– Oh, j’ai pas besoin d’un répète-Jaco ! répéta Orage.
– Rhaah !! Vous avez fais un pacte, ou quoi ?!
– Oui, celui qui t’énervait le plus, il avait gagné… expliqua Orage.
– Chut ! Il ne fallait pas le lui dire ! s’écria Léopard. Et pour l’instant, c’est moi qui gagne ! dit fièrement Léopard.
– Non, c’est pas vrai ! C’est moi qui gagne !
– Non, c’est moi qui gagne !
– Non, moi !
– Moi !
– Moi !
– Ah, les moutons ! soupire Câline.
Alerté par des bêlements, Arthur se prépare à ouvrir son cartable quand un autre bêlement retentit dans le couloir de l’école. Arthur se précipite pour aller voir le (d’après lui) « dada poilu ». Un peu plus tard, on entend des « Eh, dada poilu, attends-moi !! ».
– On a un sauveur ! s’écrie Orage.
– Qui est-ce que ça pourrait être ? demande Léopard.
– Je n’en n’ai aucune idée… répondit tout doucement Câline.
Le soir, quand Arthur rentre de l’école, les trois agneaux descendent du cartable et vont dire à leurs parents qu’ils ont appris l’alphabet. Pendant la nuit, chacun des trois frères et sœurs avaient hâte que l’aube arrive pour repartir apprendre. Pendant la nuit, Câline rêve :
– C’est trop bien ! J’adore « lire » ! s’exclame Orage. Pas toi, Léopard ?
– Si. Et toi, Câline ? demande Léopard.
– Je ne sais pas trop… murmure Câline. J’ai l’impression que la journée va être rude.
– Bravo, les enfants. Vous avez réussis à lire, dit la maitresse en félicitant avec enthousiasme les enfants de la classe (pas les moutons). Maintenant, nous allons passer à quelque chose de beaucoup, mais alors, beaucoup plus dur. Nous allons apprendre à écrire…
– Je vous l’avais bien dis… marmonna Câline. La journée va être rude…
– Alors, pour commencer, comme vous avez appris à lire les syllabes, vous allez écrire comme vous le sentez les mots « en même temps ». Je vous laisse cinq minutes. Bonne chance !!
– Bon, ben… C’est parti ! s’exclame Léopard.
Câline, elle, n’était pas trop occupée par l’écriture. Elle se demandait plutôt qui était le  mouton ou la brebis qui les avait sortis de ce pétrin… Et puis, pourquoi avait-il fait ça ? Pour l’instant, Câline décida d’oublier pour le moment ses questions et de plutôt se préoccuper de l’écriture, chose qu’ils n’allaient pas apprendre deux fois…
À la fin, Léopard avait écris « an mèmm tan », Orage avait écris « en mem tent » et Câline avait écris « en mêm tamp ». La maitresse corrigea :
– Voici comment s’écrit « en même temps »…
Elle écrit sur le tableau la correction, attend que les élèves aient rédigé leurs mots et dit :
– Maintenant, écrivez-moi « tu peux ». Cette fois, je vais vous laisser autant de temps que tout à l’heure, annonça Câline.
Cette fois, Orage avait écris « tus pe », Léopard : « tu pet » et Câline « tu peus ». C’était Câline la plus proche de la bonne réponse… La maitresse écrit au tableau : « tu peux ».
– Mince, alors ! s’exclame Câline qui avait enfin oublié ses problèmes. J’avais failli avoir juste.
– Dommage pour toi. Moi, j’ai eu tout faux, annonça Orage, sans se venter.
– Moi, c’est « bauf », dit Léopard.
– Pourquoi à chaque fois, personne de nous trois n’a juste ? demande soudain Orage.
Une petite voix dans Câline disait : « parce qu’on est dans un cauchemar », mais la Câline de son rêve répondit :
– Parce qu’on n’a jamais rien appris, patate !
La vrai Câline se réveilla en sursaut. « Quel cauchemar ! »pense-elle. « Heureusement que ce n’était pas pour de vrai !! ». Tandis que les trois jeunes moutons se rendent à l’école, Câline repose la question qui hante son esprit :
– Vous vous souvenez, notre sauveur… À votre avis, qui était-ce ? Et pourquoi nous avoir aidés ?
– Je ne sais pas… Peut-être parce qu’il avait envi de se dégourdir les pattes ? proposa Orage.
– Franchement, Orage. Moi, si je voyais des personnes qui avaient besoin d’aide, je les aiderai par le cœur, pas pour me dégourdir les pattes. Pas toi ? demande Câline.
– Heu… Si…répond Orage.
– En tout cas, on a notre solution. Comme tu le disais il y a quelques instants, Câline, si tu voyais quelqu’un qui avait besoin d’aide, tu l’aiderais parce que tu es gentille. Donc, je pense qu’il (ou elle) a fait pareil… expliqua Léopard.
– Ouais… Peut-être… répond Câline, pas très convaincu.
Au bout de trois ans d’études, le petit Arthur était en « CE2 ». Maintenant, les petits moutons savaient quoi écrire :
–     Bon… Je vous lis la lettre… annonce Câline, qui, maintenant, n’avait plus 1 ans mais 4       ans. Bonjour. Nous connaissons votre problème de ferme. Nous avons la solution. Arthur pourrait faire ses jeux de société en même temps que garder, nourrir, les animaux de la ferme. Nous espérons que vous comprendrez cette idée.
Auteur inconnu. La lettre est un peu directe, mais je pense que ça devait aller.
– C’est parfait ! s’exclame Léopard, ravi.
– Allons le montrer à Tempête, dit Orage. Il va être fier de nous !
Alors, les trois moutons vont montrer leur lettre à Tempête. Comme l’avait prédit Orage, Tempête était fier d’eux, même très fier d’eux. Il leur dit :
– Allez poster cette lettre dans la boite aux lettres de la famille d’Arthur. J’espère qu’ils comprendront…
– Tout le monde l’espère, rectifia Câline.
Quand Arthur et sa famille eurent découverts la lettre des trois jeunes moutons, ils en restèrent stupéfaits :
– Comment cet « auteur inconnu » a-t-il découvert notre problème et comment l’a-t-il résolu ? demande Henri, le père d’Arthur.
– Je n’en ai aucune idée, répond Marie, la mère d’Arthur.
– Moi, je sais ! s’exclame Arthur après un moment de réflexion. C’est les animaux de la ferme qui ont fais ça !
– Les enfants… soupirent les deux parents.
Mais, à la ferme, Câline, depuis 7 ans, se demandait toujours qui leur avait sauvait la mise…
– Mon aide vous a été précieuse… dit Chocolat, le vieux mouton, avec un clin d’œil.
– Alors là, il manque pas de culot celui-là, hein ! s’exclame Câline, en ayant compris.
– Qu’est-ce qu’il y a ? demande Orage et Léopard à Câline.
– Chocolat ! s’exclame-t-elle. C’est lui qui nous a aidés !
– Ce vieux grigou ? demande Léopard.
– Ce vieux fou ? demande Orage.
– C’est toi le fou, Orage… raille Léopard.
– Oui, lui, répond Câline en ignorant la raillerie de Léopard.
– Mais ce n’est pas possible ! s’écrie Orage.
– Ben, si, c’est possible, la preuve ! dit Câline.
Maintenant, Câline et ses deux frères pouvaient vivre tranquilles… Sans question… Sauf une, que se posait Câline : arriverait-elle un jour à supporter les chamailleries de ses deux frères ?